Etre girardien ou ne pas être : Shakespeare expliqué par René Girard PDF

Etre girardien ou ne pas être : Shakespeare expliqué par René Girard PDF

Girard considère qu’une personne peut désirer un objet seulement dans le cadre d’un désir plus grand; c’est-à-dire être son médiateur.


S’étant assez vite convaincu que tous les écrivains vraiment géniaux étaient sans le savoir profondément girardiens et Shakespeare étant généralement considéré comme le plus grand génie de la littérature occidentale, René Girard en a conclu qu’il était nécessairement le plus grand girardien de tous les temps avant lui-même. Et c’est pour le prouver qu’il a écrit Shakespeare, Les feux de l’envie. René Pommier, qui a déjà vigoureusement contesté les théories girardiennes dans son René Girard, un allumé qui se prend pour un phare, s’attendait au pire en lisant ce livre, mais il a néanmoins été très surpris. Il savait René Girard capable d’écrire les âneries les plus inénarrables et de se vautrer dans l’absurdité. Il n’aurait pourtant jamais cru qu’il pût à ce point se surpasser lui-même. René Pommier est à la fois un spécialiste de l’explication de textes et un polémiste qui, depuis son Assez décodé ! publié en 1978, a passé beaucoup de temps à réfuter les lectures élucubrantes des tenants du structuralisme et de la « nouvelle critique ». Il était donc bien placé pour passer au crible les interprétations totalement arbitraires ou franchement absurdes que René Girard ne cesse de proposer dans ce livre beaucoup encensé, mais qui, selon René Pommier, n’en est pas moins absolument insensé.

Si nous appliquons ce critère à l’envie et à ce que la psychanalyse désigne comme réprimés, lequel des deux fera le candidat le plus plausible pour le rôle du secret le mieux défendu? Nous désirons et attachons de l’importance à certains aspects de notre environnement parce que ceux que nous considérons comme importants pour notre vie attachent de l’importance à ces aspects, et nous avons tendance à les imiter. Shakespeare sait que l’amitié qui unit les deux hommes doit les diviser; tant qu’ils sont amis, ils poursuivront la même femme.-}

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